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Une spiritualité sans ascèse est-elle possible ?
Les discours spirituels en vogue mettent volontiers en avant la nécessité d’un développement complet et harmonieux de la personne humaine, intégrant toutes les dimensions de l’existence. Mais dans l’esprit de la plupart de nos contemporains, l’idée de vie spirituelle demeure associée aux contraintes d’une discipline religieuse, et donc aussi aux notions de renoncement et de privation, sinon de souffrance. On se dit que la vie spirituelle ne peut être que réservée à une élite, à une humanité hors du commun, capable d’endurer les rigueurs de l’ascèse, à l’image des moines ou des fakirs. Cette vision des choses doit beaucoup à une certaine interprétation du mysticisme : la spiritualité, en tournant l’homme vers l’esprit, le détournerait nécessairement du corps ; pire même, elle verrait dans le corps un ennemi, un élément étranger dont il conviendrait de se défaire pour que l’âme puisse atteindre la connaissance. Toute une tradition néoplatonicienne, plus ou moins bien comprise, semble enseigner ce déni du corps. On comprend que, les mentalités évoluant, cette conception de la vie spirituelle ait suscité une sorte de réaction allergique. Est-il étonnant, dès lors, que nous soyons si peu enclins aujourd’hui à nous soucier de notre âme, en dehors du cadre restreint offert par le cabinet du psy ?
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« Par un sombre ravin j’ai passé de la Vie à la Vie »
Derniers fragments d’un long voyage, de Christiane Singer, est un petit trésor de littérature et de sagesse, à mettre en toutes les mains. Cette grande dame a vécu avec dignité et lucidité les derniers mois de sa maladie, qu’elle savait fatale, et a souhaité en témoigner en écrivant chaque jour, jusqu’au bout, son journal intime, qui sera publié en avril 2007, quelques jours après son départ. « Par un sombre ravin j’ai passé de la Vie à la Vie », résume-t-elle.
Née en 1943, Christiane Singer a enseigné aux universités de Bâle puis Fribourg. Romancière et essayiste plusieurs fois primée, conférencière aussi, la dimension intérieure et spirituelle propre à chacun et l'éthique de soi sont au cœur de son œuvre. Par ses écrits et sa parole chaleureuse, elle a aidé de nombre de personnes à s’accepter, découvrir leur vrai moi, se réconcilier avec la vie et le monde, vivre en couple, vieillir et mourir. Profondément croyante, de sensibilité chrétienne imprégnée de sagesse orientale, elle rejette tout dogmatisme et exclut le syncrétisme. Toute sa vie, jusqu’au dernier jour, elle a su partager, donner, transmettre ses émerveillements spirituels avec grâce et énergie : « Heureux qui comme moi a fait un terrifiant voyage, car il a reçu en présent de revenir des gouffres de la mort pour aimer et pour témoigner. »
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Éthique de la vertu et médecine à l’époque des Lumières
L’éthique de la vertu, que l’on trouve déjà chez Platon ou Aristote, se définit comme une approche éthique mettant l’accent sur le caractère de l’agent. Tandis que le conséquentialisme s’intéresse aux conséquences de l’action (c’est le cas par exemple de l’utilitarisme de J. S. Mill), et l’éthique déontologique à la formulation de règles morales (par exemple l’impératif catégorique kantien ou les dix commandements), l’éthique de la vertu définit un acte vertueux par la présence dans l’agent d’une certaine vertu, comme la bienveillance ou la générosité.
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La conscience et le corps
Pour ceux qui s’intéressent au spirituel, la question de l’existence de l’âme et de sa survie après la mort physique est importante. Quel est ...
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Ascèse, ascétisme
Étymologiquement le terme d’« ascèse » vient du grec askesis qui signifie tout simplement « exercice ». Il s’appliquait dans la Grèce antique aux exercices et à la discipline que s’imposaient les athlètes. Or c’est bien là le point commun entre les diverses formes de l’ascèse : il s’agit toujours de s’imposer une discipline et d’exercer ainsi sa volonté contre certaines tendances naturelles du corps. C’est ainsi qu’en Inde par exemple, la pratique de l’ascèse englobe à la fois des exercices corporels destinés à maîtriser le corps, des exercices sur le souffle destinés à maîtriser à la fois le corps et l’esprit ainsi que des formes de jeûnes alimentaires et des exercices de méditation.
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